Le traitement du névrome de Morton par cryothérapie est une intervention percutanée, ce qui signifie que la procédure est réalisée à l’aide d’une aiguille au travers d’une incision millimétrique. Lors d’une cryothérapie, c’est l’imagerie fournie par l’échographie qui va permettre de guider l’intervention, qui nécessite une ponction du névrome à l’aide d’une fine aiguille.
La cryothérapie consiste à insérer à l’aide du guidage échographique une aiguille dans le névrome. L’extrémité de l’aiguille est ensuite refroidie, entraînant la formation d’un glaçon qui va congeler le névrome. L’échographie permet de visualiser le glaçon, et de s’assurer qu’il couvre entièrement la lésion, sans abîmer les structures adjacentes.
L’intérêt principal de cette approche est son caractère mini-invasif, puisqu’il n’y a pas d’autre incision que celle nécessaire à l’introduction de l’aiguille.
Après une surveillance de quelques heures, le patient peut rentrer à domicile. La reprise de la marche se fait progressivement, mais quelques pas peuvent être effectué dès les premiers jours post-intervention.
L’intervention se déroule dans une salle de bloc équipée de machines d’imageries, sous anesthésie locale ou sous sédation consciente selon les souhaits du patient.
Le patient est surveillé 1 heure en salle de réveil, puis retourne dans sa chambre.
La sortie de l’hôpital peut se faire après 3 heures de surveillance, après vérification de l’absence de complication par le radiologue et/ou l’anesthésiste.
Le taux de succès technique est au delà de 95%. Une amélioration des symptômes, avec satisfaction totale du patient est notée dans plus de 70% des cas. Une étude prospective a montré que l’indice de douleur (EVA, entre 0 et 10) passait en moyenne de 8,5 avant l’intervention à 3,5 après. Environ 25% des patients sont satisfait mais gardent des douleurs survenant de façon épisodique et 5% des patients ne sont pas satisfaits, sans amélioration des douleurs et/ou augmentation de ces dernières.
La reprise de la marche après l’intervention est progressive. Une chaussure de décharge est nécessaire pendant 10 à 15 jours, le temps que l’oedème se résorbe. La marche peut ensuite être reprise progressivement. Un délai de 2 mois est préconisé avant la reprise des sports d’appui.
La récupération d’une mobilité complète se fait entre 4 et 12 semaines pour la grande majorité des patients.
Néanmoins, la cicatrisation définitive peut mettre plus de 6 mois chez certains patients, notamment en présence de facteurs de risques (antécédent d’algodystrophie, fibromyalgie, trouble anxieux ou de pathologie systémique comme le diabète). Il existe une grande variabilité inter-individuelle.
A ce jour, il n’existe pas d’étude comparant la cryothérapie à la chirurgie pour le traitement des névromes de Morton.
Les effets secondaires graves sont rares.
Le risque d’hématome ou d’infection est très faible (inférieur à 3%) en dehors de pathologie sous jacente (trouble de l’hémostase, diabète).
Quelques douleurs, de l’oedème (pied gonflé) peuvent persister dans les suites de l’intervention, et s’estompent en général progressivement. Comme évoqué ci-dessus, la cicatrisation définitive est variable selon les sujets et peut parfois s’étaler jusqu’à 6 mois/1 an.
A ce jour, aucun cas d’algodystrophie n’a été reporté après cryothérapie. Néanmoins, cette complication redoutable peut survenir après n’importe quelle intervention, et le risque reste donc possible.
Le risque de formation secondaire d’un névrome d’amputation n’a à ce jour pas été rapporté.
Malgré son caractère mini-invasif, la cryothérapie ne doit pas être considérée comme un traitement miraculeux. Le névrome de Morton est une pathologie de diagnostic difficile, avec des risques d’échec et d’effets indésirables quel que soit le traitement.
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Habituellement le diagnostic repose sur une IRM, complétée par une échographie qui peut être réalisée lors de la consultation pré-cryothérapie. Celle-ci sera complétée par un examen clinique du pied. D’autres examens (radiographies standard, électromyogramme) peuvent être éventuellement prescrits en cas de doute diagnostic.
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La cryothérapie ne permet pas de traiter tous les névromes de Morton.
Seuls des névromes isolés, sans cause anatomique sous jacente, ou pathologie associée peuvent être traité. C’est la confrontation de l’examen du pied aux résultats de l’échographie et de l’irm qui permet de déterminer quels patients peuvent bénéficier de ce traitement.
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Pour savoir si vous êtes candidat pour une cryothérapie, vous pouvez prendre rendez-vous pour une consultation.
Penser à amener lors de la consultation vos différents examens d’imagerie.
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Chez les patients diabétiques sévères, le risque de complication infectieuse et vasculaire est important, et il est préférable de ne pas effectuer d’intervention. De même les patients avec des maladies vasculaires des petites artères distales du pied ne sont pas des bons candidats pour ce traitement (le Syndrome de Raynaud par exemple).
Certaines situations cliniques peuvent être à risque d’échec du traitement, raison pour laquelle il est indispensable de réaliser une première évaluation en présentiel (et non téléconsultation), avec un examen complet du pied, aussi bien morphologique qu’en imagerie.
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En cas de problème vous pouvez contacter le radiologue ou son secrétariat qui pourront répondre à vos attente. En cas d’urgence vital, composez le 15.
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Habituellement, une première consultation est effectuée 1 à 3 mois après l’intervention pour s’assurer de la bonne évolution clinique (si tout se passe bien, celle-ci peut être effectuée en téléconsultation).
Une IRM peut être effectuée dans les cas de persistance de douleurs, pour vérifier l’absence de complication locale.
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A ce jour, la principale étude montre de très bon résultats:
Le névrome de Morton reste une pathologie de diagnostic difficile, se confondant parfois avec d’autres pathologies. Il existe donc un risque d’échec du traitement, quel qu’il soit.
La cryothérapie est une technique récente de traitement. Ses effets après un suivi initial de 2 ans semblent probants. La durée de l’effet dans le temps à plus long terme n’est pas encore complétement connue, et doivent encore être étudiées.
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Aucune étude n’a à ce jour reporté les résultats à long terme d’un traitement par cryothérapie. Le taux de récidive des symptômes après plusieurs années est donc pour le moment inconnu. Des études sont en cours, dont les résultats seront sans doute publiés dans les années à venir.
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L’aiguille de cryothérapie étant relativement couteuse, on peut estimer qu’après remboursement de la sécurité sociale et de la mutuelle il reste en général autour de 500 Euros à payer par le patient. Evidemment ce montant est une fourchette indicative, et les dépassements d’honoraires sont pratiqués avec tact et mesure.
Le Dr Moulin conjointement avec l’équipe de Radiologie Interventionnelle de l’Hôpital Américain de Paris viennent de publié un article à propos de la cryothérapie des névromes de Morton intitulé « Safety and Efficacy of Percutaneous Morton Neuroma Cryoneurolysis Under Ultrasound Guidance