Les résultats d’une méta-analyse (regroupement de plusieurs études pour améliorer la fiabilité de l’estimation) et d’un essai randomisé contre placebo sont présentés ci-dessous. Les symptômes subjectifs (ressentis par le patient), les évaluations métriques (volume, débit etc…) et les résultats sur l’érection sont présentés.
→ Embolisation de la prostate: amélioration des symptômes urinaires subjectifs
Il s’agit là des symptômes cliniques reportés par les patients, relatifs à l’hypertrophie de la prostate. Le score IPSS (International Prostate Symptom Score) est un questionnaire spécifique composé de 7 questions pour l’évaluation de l’adénome de prostate, qui donne une note finale entre 0 et 35. Plus le score est élevé, plus la gêne est importante. Le score de qualité de vie (QoL pour quality of Life) est une évaluation par le patient du retentissement de sa maladie prostatique sur sa vie en général. Il va de 0 (très satisfait) à 6 (très ennuyé).
Ces deux scores sont utilisés en pratique courante et dans les études pour estimer l’amélioration urinaires d’un traitement, tel que ressenti par le patient.
Résultats de la méta-analyse (regroupement de plusieurs études pour augmenter la fiabilité de l’analyse) de Malling and al [2], après 1 an de suivi : Amélioration en moyenne du score IPSS de 16.2 points, et du score de qualité de vie de 3 points.
Résultats de l’essai-randomisé en aveugle embolisation de la prostate contre procédure placebo à 6 mois (par Pisco and al [3]) : Diminution de 17.1 points du score IPSS et 3 points du score de la qualité de vie.
[2] Malling B et al (2019) Prostate artery embolisation for benign prostatic hyperplasia: a systematic review and meta-analysis. Eur Radiol 29:287–298.
[3] Pisco JM et al (2020) Randomised Clinical Trial of Prostatic Artery Embolisation Versus a Sham Procedure for Benign Prostatic Hyperplasia. European Urology 77:354–362.
→ Embolisation de la prostate: diminution du volume de la prostate et effet sur le débit d’urine (débimétrie)
Une autre manière d’évaluer les résultats d’un traitement de l’adénome prostatique est de s’intéresser aux paramètres morphologiques, débimétriques, échographiques et biologiques. On peut notamment citer le volume de la prostate, la mesure du débit maximal lorsque le patient urine (celui-ci peut être mesuré de façon précise à l’aide d’une débitmètrie), la mesure d’un éventuel résidu post-mictionnel (volume d’urine restant dans la vessie malgré la miction, témoignant d’une vidange incomplète), ou la mesure du PSA.
Là encore, toutes les études montrent une efficacité de l’embolisation sur ces paramètres.
Résultats de la méta-analyse de Malling and al [2], après 1 an de suivi : baisse de volume de 20.3cc (26%), augmentation du débit urinaire (Qmax +6.5mL/s), diminution du résidu post-mictionnel (PVR -86.6ml), diminution du PSA (-1.4ng/ml).
Résultats de l’essai-randomisé en aveugle embolisation de la prostate contre procédure placebo à 6 mois (par Pisco and al [3]) : baisse du volume prostatique (-27.7%), augmentation du débit urinaire (Qmax, + 5.96ml/s), diminution du résidu post-mictionnel (PVR +59.9ml).
[2] Malling B et al (2019) Prostate artery embolisation for benign prostatic hyperplasia: a systematic review and meta-analysis. Eur Radiol 29:287–298.
[3] Pisco JM et al (2020) Randomised Clinical Trial of Prostatic Artery Embolisation Versus a Sham Procedure for Benign Prostatic Hyperplasia. European Urology 77:354–362.
→ Embolisation de la prostate: les résultats sur l’érection [1]
Les résultats sont très rassurants sur l’absence d’effet négatif de l’embolisation sur l’érection. Certaines études décrivent une amélioration de la qualité de l’érection (score IEEF) après une embolisation, et d’autres non. Un effet positif sur l’érection semble envisageable, même si les mécanismes ne sont pas encore complétement élucidés, et des études supplémentaires sont nécessaires pour répondre à la question définitivement. En aucun cas l’embolisation ne doit être un traitement des troubles de l’érection en absence d’adénome prostatique.
Références:
[1] Cornelis and al. CIRSE Standards of Practice on Prostatic Artery Embolisation. Cardio Vascular and Iterventional Radiology, 2020 Feb;43(2):176-185.
→ Embolisation de la prostate: les résultats sur l’éjaculation
La perte de l’éjaculation (appelée éjaculation rétrograde) est un effet indésirable très fréquent après chirurgie de l’adénome prostatique, y compris avec les techniques modernes comme le laser Holep. A l’inverse, l’embolisation permet une conservation fréquente de l’éjaculation.
Deux essai randomisé ont comparé les résultats entre chirurgie et embolisation sur le plan de l’éjaculation:
- Dans l’étude de Abt [1], le taux d’anéjaculation après embolisation était de 16% après embolisation, contre 52 % après TURP.
- Dans l’étude d’Insausti [2] qui a également comparé embolisation et TURP, le taux de dysfonction éjaculatoire était de respectivement de 4% dans le groupe embolisation contre 41% dans le groupe chirurgie.
Références:
[1] Abt and al. 2021 Prostatic Artery Embolisation Versus Transurethral Resection of the Prostate for Benign Prostatic Hyperplasia: 2-yr Outcomes
of a Randomised, Open-label, Single-centre Trial. European Urology. 2021 Jul;80(1):34-42.
[2] Insausti and al. Randomized Comparison of Prostatic Artery Embolization versus Transurethral Resection of the Prostate for Treatment of Benign Prostatic Hyperplasia. Journal of Vascular and Interventional Radiology, 2020 Jun;31(6):882-890